LA FRANCE
D'APRES
Parlons-en !
Philippe Trimaille
Conseiller Municipal de Mulhouse
Avec le soutien affirmé de Nicolas SARKOZY, François FILLON vient d’annoncer que l’UMP prévoira dans son projet une réforme des régimes spéciaux de la retraite des salariés des entreprises publiques.
Je m’en réjouis sincèrement et voilà pourquoi :
- Sur le fond, serait-il juste que les salariés des entreprises publiques cotisent moins longtemps que tous les autres, partent à la retraite plus tôt que tous les autres et cela avec une pension calculée de manière plus favorable (sur la base des seules meilleures années de rémunération)?
Evidemment, NON! Mais si on ajoute que les régimes spéciaux n'échappent pas au déséquilibre auquel il a fallu faire face pour le financement de la retraire des salariés du privé (Balladur en 1993) et des fonctionnaires (Raffarin/Fillon en 2003), et qu'actuellement c'est l'Etat et l'ensemble des cotisants qui doivent combler le déficit des régimes spéciaux, alors il devient plus qu'évident que le maintien en l'état des régimes spéciaux relève d'un privilège aussi injustifié qu'injuste!
- Sur la forme, j'apprécie moi aussi et cela pour deux raisons fondamentales que je souhaite expliciter le courage qu'il y a à parler dès maintenant de ce problème, alors même que ça concerne 1,6 millions de salariés auprès desquels, dans un premier temps, ce sera impopulaire:
1. Parce qu'il n'y a pas de justice sans courage! Les hommes sont-ils en général injustes par plaisir? Je ne le crois pas, tout simplement parce que ce serait absurde! S'il leur arrive (trop souvent à mon goût!) d'être injustes, c'est plutôt par faiblesse, que celle-ci trouve sa source dans l'égoïsme, la facilité ou l'indifférence. Il faut donc une véritable force de conviction et de caractère pour être juste!
2. Parce que la force d'être juste implique une méthode pour être efficace. Or, à mon sens, le fait de lancer courageusement le débat avant les élections procède de cette méthode visant à l'efficacité. En effet, ce que nous demandons en procédant de la sorte, c'est que le peuple français, après y avoir réfléchi et en avoir débattu, donne à celui qu'il va élire la légitimité pour entreprendre en son nom cette difficile réforme.
Dire aujourd'hui qu'il ne faut pas parler de ce problème, c'est être faible (et cautionner une injustice) ou malhonnête à l'égard des Français (en ne leur parlant pas de ce qu'on a pourtant l'intention de faire une fois élu). Mais comme la réforme des régimes spéciaux est inéluctable, du fait de leur déficit structurel, alors, au bout du compte, c'est simplement malhonnête de ne pas vouloir en parler maintenant.
Pour conclure, je dirai qu'aujourd'hui, la vraie rupture en politique c'est d'abord d'avoir le courage d'aborder avec honnêteté les problèmes et de combattre les injustices qui en découlent. Mais pour que le courage ne se confonde pas avec l'inconscience, il faut qu'il s'actualise à travers une méthode efficace de réforme, laquelle implique:
1) Un débat lancé le plus tôt possible (c'est ce que propose aujourd'hui l'UMP);
2) Une réforme juste et concertée avec tous les partenaires;
3) Un suivi et une évaluation réguliers de la mise en oeuvre de la réforme pour pouvoir en corriger avec pragmatisme les éventuelles insuffisances.
Si la réforme est juste, je suis certain que les salariés des entreprises publiques -qu'on insulte en préjugeant qu'ils sont tous des égoïstes et en oubliant ainsi qu'ils sont avant tout des citoyens qui peuvent avoir le sens des responsabilités que cela implique- la comprendront et
l'accepteront.
Philippe TRIMAILLE
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